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La
réforme du régime
des installations classées
pour la protection de
l'environnement.
La loi du 17 février 2009, pour l'accélération des programmes de
construction et d'investissement publics et privés, a donné au
gouvernement le pouvoir de légiférer par ordonnance afin de réformer
le régime des installations classées.
Pour rappel, actuellement ces installations sont soit soumises à
autorisation, soit à déclaration. Estimant que « le palier entre les
deux régimes est trop important et que de nombreuses industries sont
contraintes de répondre au régime d’autorisation alors que leurs
impacts sont limités et connus », le gouvernement souhaite instaurer
un statut intermédiaire, c’est-à-dire une autorisation simplifiée.
Ainsi par ordonnance du 11 juin 2009, un nouveau régime appelé «
enregistrement » a été créé.
Cette procédure d’enregistrement concernera les installations qui
répondent à tous les critères suivants :
-
- Installations aujourd’hui soumises à autorisation ;
-
- Installations non soumises à la directive 2008/1/CE du 15
janvier 2008 relative à la prévention et à la réduction
intégrée de la pollution, ou soumises à une obligation
d’évaluation environnementale systématique au titre de
l’annexe I de la directive 85/337/CEE du 27 juin 1985
concernant l’évaluation des incidences de certains projets
publics et privés sur l’environnement ;
-
- Secteurs d’activités ou technologies dont les enjeux
environnementaux et les risques sont aujourd’hui bien connus
et peuvent ainsi être efficacement réglementés par des
prescriptions définies au niveau national, sans qu’il soit
nécessaire dans la plupart des cas, de réaliser une étude
d’impact ou une étude de danger ;
-
- Installations dont les risques sont largement reconnus
comme suffisamment maîtrisés pour ne pas nécessiter, de
manière générale, une concertation locale approfondie.
Cette autorisation simplifiée revêtira toujours la forme d’un arrêté
pris par le préfet. Mais cette nouvelle procédure ne nécessite plus
ni étude d’impact, ni enquête publique, ni avis du conseil
départemental de l’environnement et des risques sanitaires et
technologiques (CODERST).
Les prescriptions contenues dans l’arrêté seront standardisées au
niveau national. Le cas échéant, et au vu d’assurer la protection
des intérêts mentionnés à l’article L.511-1 du code de
l’environnement, le préfet peut assortir l’enregistrement de
prescriptions particulières pour compléter ou renforcer ces
prescriptions générales. Le délai d’instruction sera de 4 à 5 mois
(au lieu d’un an pour la procédure d’autorisation classique).
Le dossier de demande d’enregistrement devra contenir une
justification de conformité dans laquelle l’exploitant doit
justifier les moyens (techniques, procéduraux, de surveillance…)
qu’il va mettre en place pour garantir le respect des obligations
définies non seulement par les prescriptions générales mais
également par les plans et programmes qui impactent son
installation. Cette justification sera analysée par l’inspection des
installations classées préalablement à la délivrance de
l’enregistrement par le préfet.
Ce dossier de demande d’enregistrement sera mis à disposition du
public en mairie et un registre y sera tenu pour recueillir les avis
et observations. L’information du public se fera par voie
d’affichage en mairie de la commune d’implantation et celles
avoisinantes.
Le préfet a la possibilité de faire basculer la procédure de
l'enregistrement vers celle de l'autorisation, soit en raison de la
localisation du projet dans une zone environnementale sensible, soit
en raison du cumul de ses incidences avec d'autres projets situés
dans la même zone, soit en cas de nécessité d’un aménagement des
prescriptions générales applicables à l'installation.
Contrairement à la déclaration, le préfet n’a pas de compétence liée
et a le pouvoir de refuser l’enregistrement.
Le délai de recours des tiers sera de 1 an à compter de la
publication de l'arrêté, prolongé, le cas échéant, jusqu'à la fin
d'une période de six mois suivant la mise en activité de
l'installation. L'exploitation d'une installation sans
enregistrement constituera un délit puni de la même peine que
l'exploitation d'une installation sans l'autorisation requise, soit
1 an d'emprisonnement et 75 000 € d'amende maximum.
Un décret d’application viendra préciser ces critères et le champ
d’application de l’ordonnance, et la mise en place de ce nouveau
régime se fera progressivement (une première phase est prévue,
suivie d’un retour d’expérience obligatoire avant d’enclencher la
deuxième phase).
Les associations de protection de l’environnement sont naturellement
très opposées à cette réforme. Elles s’inquiètent de l’absence dans
cette procédure d’étude d’impact et d’enquête publique. L’éviction
pure et simple du CODERST est également contestée. De plus, il est
difficile d’évaluer le pourcentage d’installations qui passeront
sous ce nouveau régime. Le ministère lui-même annonce des chiffres
différents : entre 20 (selon la secrétaire d'Etat chargée de
l'écologie, Chantal Jouanno) et 40% (selon une note explicative du
ministère de l’écologie).
Ordonnance du 11 juin 2009.
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Responsabilité
environnementale : le décret d'application est paru.
Le décret d’application de la loi sur la responsabilité
environnementale du 1er août 2008 a été adopté le 23 avril 2009.
Cette loi établit les conditions de responsabilité liée à un dommage
environnemental en vue de la prévention et surtout de la réparation
de celui-ci. Elle porte sur trois types de dommage présentant un
réel caractère de gravité : ceux liés à l’eau, aux sols et aux
espèces et habitats naturels protégés.
La loi instaure :
-
- Un régime de responsabilité sans faute : les exploitants
de certaines activités pourront voir leur responsabilité
mise en cause même en l’absence de faute ou de négligence de
leur part.
-
- Un régime de responsabilité pour faute : la responsabilité
pour faute va concerner les autres activités. Pour que
l’exploitant soit mis en cause, il faudra qu’une faute soit
démontrée.
De nombreux points de la loi restaient encore à préciser, ce que
tente de faire le décret d’application du 23 avril 2009.
Il fixe la liste des activités soumises à la responsabilité sans
faute. Il détermine l’autorité administrative compétente pour mettre
en œuvre les dispositions concernant la prévention et la réparation
des dommages causés à l’environnement entrant dans le champ
d’application de la loi, c’est-à-dire le préfet de département (sauf
dérogations).
Les associations de protection de l'environnement, ainsi que toute
personne directement concernée ou risquant de l'être par un dommage
ou une menace imminente de dommage entrant dans le champ
d’application de la loi, peuvent en informer l'autorité
administrative compétente sur la base d'éléments de preuve sérieux.
Elles peuvent également lui demander de mettre ou de faire mettre en
œuvre les mesures de prévention ou de réparation définies par le
décret.
En cas de menace ou d’existence de dommage, l’autorité compétente
sera amenée à recueillir des informations auprès de l’exploitant, à
déterminer les mesures de prévention ou de réparation du dommage et
vérifier que celles-ci sont effectivement respectées.
Le dispositif mise en place est novateur et complexe. Il nécessitera
des ajustements et un éclairage de la part du ministère qui a déjà
prévu l’adoption de circulaires à destination des préfets.
La difficulté essentielle reste la définition du dommage et surtout
la notion de gravité à laquelle le décret tente d’apporter des
précisions sans pour autant y parvenir de manière satisfaisante.
Elle reste encore floue et délicate à appréhender.
Décret du 23 avril 2009.
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Dernières actualités du Grenelle de l'environnement.
Deux ans après le début des débats du Grenelle de l’environnement,
la « loi de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de
l’environnement » (Grenelle 1) a été définitivement adoptée le 23
juillet par l’Assemblée nationale et le Sénat à la quasi-unanimité
après plusieurs mois de débat. La loi paraîtra bientôt au Journal
Officiel.
Quant au projet de loi Grenelle 2, la Commission des affaires
économiques du Sénat en a terminé l'étude préliminaire. Il devrait
être débattu au Sénat en septembre prochain.
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